Samedi 26 avril 2008
A***. Je vivais sans coeur, tu vivais sans flamme, Incomplets, mais faits pour un sort plus beau ; Tu pris de mes sens, - je pris de ton âme, Et tous deux ainsi nous nous partageâme : Mais c'est toi qui fis le meilleur cadeau ! Oui ! c'est toi, merci... C'est toi, sainte femme, Qui m'as fait sentir le profond amour... Je mis de ma nuit dans ta blancheur d'âme, Mais toi, dans la mienne, as mis le grand jour ! Je tombais, tombais... Cet ange fidèle Qui suit les coeurs purs ne me suivait pas... Pour me soutenir me manquait son aile... Mais Dieu m'entr'ouvrit ton coeur et tes bras ! Et j'aime tes bras... tes bras mieux qu'une aile ; Car une aile, hélas ! sert à nous quitter : L'ange ailé s'en va, lorsque Dieu l'appelle... Tandis que des bras servent à rester !
par Jonathan publié dans : La cour des grands (poèmes) communauté : Amoureux, à vos plumes!
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Samedi 12 avril 2008

Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne,
Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,
Et t'aime d'autant plus, belle, que tu me fuis,
Et que tu me parais, ornement de mes nuits,
Plus ironiquement accumuler les lieues
Qui séparent mes bras des immensités bleues.

Je m'avance à l'attaque, et je grimpe aux assauts,
Comme après un cadavre un choeur de vermisseaux,
Et je chéris, ô bête implacable et cruelle !
Jusqu'à cette froideur par où tu m'es plus belle !

par Jonathan publié dans : La cour des grands (poèmes) communauté : Amoureux, à vos plumes!
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Lundi 14 janvier 2008
Nos désirs sont d'amour la dévorante braise,
Sa boutique nos corps, ses flammes nos douleurs,
Ses tenailles nos yeux, et la trempe nos pleurs,
Nos soupirs ses soufflets, et nos sens sa fournaise.

De courroux, ses marteaux, il tourmente notre aise
Et sur la dureté, il rabat nos malheurs,
Elle lui sert d'enclume et d'étoffe nos coeurs
Qu'au feu trop violent, de nos pleurs il apaise,

Afin que l'apaisant et mouillant peu à peu
Il brûle d'avantage et rengrège son feu.
Mais l'abondance d'eau peut amortir la flamme.

Je tromperai l'enfant, car pensant m'embraser,
Tant de pleurs sortiront sur le feu qui m'enflamme
Qu'il noiera sa fournaise au lieu de l'arroser.

par Jonathan publié dans : La cour des grands (poèmes) communauté : Amoureux, à vos plumes!
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Mardi 8 janvier 2008

                                                                                                           Un petit clin d'oeil...

La glèbe, à son réveil, verte et toute mouillée,
Autour du bourg couvert d'une épaisse feuillée
Où les toits assoupis fument tranquillement ;
Dans la plaine aux replis soyeux que rien ne cerne,
Parmi les lins d'azur, l'oeillette et la luzerne,
Berce les jeunes blés pleins de frissonnement.

Sereine et rafraîchie aux brumes dilatées,
Sous l'humide baiser de leurs traînes lactées,
Elle semble frémir dans l'ivresse des pleurs,
Et, ceinte des trésors dont son flanc large abonde,
Sourire à l'éternel époux qui la féconde,
Au grand soleil qui sort, vibrant, d'un lit de fleurs.

L'astre vermeil ruisselle en sa gerbe éclatante ;
Chaque fleur, alanguie aux langueurs de l'attente,
Voluptueusement, vers le foyer du jour
Tourne sa tige et tend son avide calice,
Et boit ton charme, Aurore, et rougit de délice...
Et le germe tressaille aux chauds rayons d'amour.

par Jonathan publié dans : La cour des grands (poèmes) communauté : Amoureux, à vos plumes!
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Mardi 8 janvier 2008
Les étoiles brillaient encore :
A peine un jour faible et douteux
Ouvre la paupière de Flore,
Qui, dans ses bras voluptueux,
Retient l'inconstant qu'elle adore.
Le souffle humide d'un vent frais
Effleure les airs qu'il épure,
Soupire à travers ces bosquets,
Et vient hâter par son murmure
Le chant des hôtes des forêts
Et le réveil de la nature.
Tu goûtais un profond repos,
Après une nuit fortunée,
Que nous avions abandonnée
Au dieu des amoureux travaux :
Moi, je veillais ; dans mon ivresse,
Je recueillais tes doux soupirs,
Et mes yeux, brûlants de tendresse,
Se reposaient sur la déesse
A qui je dois tous mes plaisirs.
Les anneaux de ta chevelure
Flottent au hasard répandus,
Et voilent seuls tes charmes nus,
Dont le désordre est la parure :
Ton front peint la sérénité
Et du bonheur et de la joie,
Sur ton sein ému se déploie
L'incarnat de la volupté ;
Tels quelquefois, après l'orage,
On voit, en monceaux parfumés,
La rose et le lis parsemés,
Joncher les gazons du bocage.
Ta bouche qu'amour sut armer
De la grâce la plus touchante,
Plus fraîche que l'aube naissante,
Semble s'ouvrir pour me nommer ;
Et tes bras, dont la nonchalance
Se développe mollement,
Quelquefois avec négligence
Sont étendus vers ton amant.
Mais cependant sur l'hémisphère
Vénus fait luire son flambeau :
Chaque degré de la lumière
Me révèle un charme nouveau :
Sur tous les trésors que tu laisses
En proie à mon avidité,
J'égare mon oeil enchanté,
Et veux marquer par mes caresses
Tous les progrès de la clarté :
A mesure qu'elle colore
L'horizon qui va s'embraser,
Un feu plus ardent me dévore ;
Et je crois que chaque baiser
Ajoute un rayon à l'aurore.
Comme je fêtai son retour !
De la nuit les astres pâlirent :
Tout-à-coup tes beaux yeux s'ouvrirent ;
C'est toi qui fis naître le jour.
par Jonathan publié dans : La cour des grands (poèmes) communauté : Amoureux, à vos plumes!
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