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La nuit je rêve que je dors, je rêve que je rêve et je rêve que tu m'aimes comme je t'aime. Mais tous ces rêves ne sont que chimères et quand point le jour, quand vient le douloureux instant de l'éveil, mon coeur se tait et mon esprit se ment à nouveau.



Mardi 15 mai 2007 2 15 /05 /Mai /2007 15:18

                                                                                                                                                  Très bon poète décadent anglais

La nuit écoute et se penche sur l'onde
Pour y cueillir rien qu'un souffle d'amour ;
Pas de lueur, pas de musique au monde,
Pas de sommeil pour moi ni de séjour.
Ô mère, ô Nuit, de ta source profonde
Verse-nous, verse enfin l'oubli du jour.

Verse l'oubli de l'angoisse et du jour ;
Chante ; ton chant assoupit l'âme et l'onde
Fais de ton sein pour mon âme un séjour,
Elle est bien lasse, ô mère, de ce monde,
Où le baiser ne veut pas dire amour,
Où l'âme aimée est moins que toi profonde.

Car toute chose aimée est moins profonde,
Ô Nuit, que toi, fille et mère du jour ;
Toi dont l'attente est le répit du monde,
Toi dont le souffle est plein de mots d'amour,
Toi dont l'haleine enfle et réprime l'onde,
Toi dont l'ombre a tout le ciel pour séjour.

La misère humble et lasse, sans séjour,
S'abrite et dort sous ton aile profonde ;
Tu fais à tous l'aumône de l'amour :
Toutes les soifs viennent boire à ton onde,
Tout ce qui pleure et se dérobe au jour,
Toutes les faims et tous les maux du monde.

Moi seul je veille et ne vois dans ce monde
Que ma douleur qui n'ait point de séjour
Où s'abriter sur ta rive profonde
Et s'endormir sous tes yeux loin du jour ;
Je vais toujours cherchant au bord de l'onde
Le sang du beau pied blessé de l'amour.

La mer est sombre où tu naquis, amour,
Pleine des pleurs et des sanglots du monde ;
On ne voit plus le gouffre où naît le jour
Luire et frémir sous ta lueur profonde ;
Mais dans les coeurs d'homme où tu fais séjour
La couleur monte et baisse comme une onde.

Envoi

Fille de l'onde et mère de l'amour,
Du haut séjour plein de ta paix profonde
Sur ce bas monde épands un peu de jour.

Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes) - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Dimanche 13 mai 2007 7 13 /05 /Mai /2007 14:06

21) Gerard de Nerval, Sylvie

22) Ivan Tourgueniev, Premier amour

23) Benjamin Constant, Adolphe

24) Théophile Gautier, La morte amoureuse

25) André Castelot, Amoureuse Joséphine (sur Joséphine de Beauharnais)

26) Marc Levy, Et si c'était vrai + Vous revoir (peu original mais pas mal)

27) Emily Brontë, Les hauts de Hurlevent

28) François Emmanuel, La leçon de chant

29) Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande

30) Camille Lemonnier, Un mâle

Extra: Léon Tolstoï, Anna Karénine (splendide)

Par Jonathan - Publié dans : Lecture - Communauté : Amoureux, à vos plumes!
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Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /Mai /2007 00:01

11) Colette, Le blé en herbe

12) Henri Troyat, Une extrême amitié

13) Shakespeare, Beaucoup de bruit pour rien

14) Arnold Wesker, Les quatre saisons

15) Yan Queffélec, Les noces barbares

16) Alfonse de Lamartine, Jocelyn

17) Jean Giraudoux, Ondine (dont je mettrai bientôt en ligne une analyse instaurative personnelle)

18) Alfred de Musset, La nuit vénitienne

19) Gérard de Nerval, Aurélia

20) Goethe, Les souffrances du jeune Werther

Cette liste représente quelques-unes de mes dernières lectures, elle ne se veut pas exhaustive ni objective.

Par Jonathan - Publié dans : Lecture - Communauté : Amoureux, à vos plumes!
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Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /Mai /2007 01:43

Une fois n'est pas coutume, je vous propose quelques lectures des livres que j'ai préféré parlant, bien entendu, d'amour... Bonne lecture.

1)  Boris Vian, L'écume des jours (mon livre préféré)

2) Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac

3) José Mauro de Vazconcelos, Mon bel oranger (plus accessible pour les plus jeunes)

4) Stendhal, Le rouge et le noir

5) Amélie Nothomb, Attentat

6) García Lorca, Noces de sang

7) Alexandre Jardin, Bille en tête (moins bon)

8) Malcom Lowry, Au-dessous du volcan

9) Luis Sepúlveda, Le vieux qui lisait des romans d'amour (magnifique)

10) Marguerite Duras, L'amant

Bientôt, une autre liste de livres parlant d'amour...

Par Jonathan - Publié dans : Lecture - Communauté : Amoureux, à vos plumes!
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 15:45

Je l'ai prise dans mes bras,
La petite sirène
Aux yeux éblouis.
Et voici qu'en chantant, ce soir, je la promène
En mon beau paradis.

Comme la lune sur la mer,
Sa longue chevelure bleue
Se mêle à la mienne,
Qui est d'or.
Sa belle queue
Traîne
Parmi les fleurs.

Comme elle a peur,
Comme son coeur bat sur mon coeur !

Je ne sais pas ce qu'elle pense.
Elle me regarde en silence,
De ses pâles yeux pleins d'effroi,
Où quelque étrange songe sommeille.
De la terre ils ne veulent
Rien voir que moi ;
Pour Elle, j'en suis la grande merveille,
Et le mystère.

Mais, parfois,
Elle étend les doigts,
Et touche l'air illuminé qui tremble,
Car la lumière et l'air ressemblent à la mer.
Et elle est triste, et parfois pleure.

Je veux la déposer, doucement, dans le fleuve,
Mon beau fleuve d'Eden, dont les divines eaux
S'en retournent parmi la chanson des roseaux
Vers la mer infinie, afin qu'il la ramène,
Heureuse et consolée, à ses soeurs les sirènes,
Et qu'elle joue encor, devant son miroir bleu,
A peigner en chantant ses longs et beaux cheveux,
Qu'ont effleurés, ce soir, quelques roses mortelles,
Et ces baisers humains que mes lèvres y mêlent.

Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes) - Communauté : Poètes de Belgique
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 15:38

C'est en toi, bien-aimé, que j'écoute,
Et que mon âme voit.
Accueille mon silence et montre-moi la route,
Mes yeux fermés au monde se sont ouverts en toi.

C'est en toi que je ris, c'est en toi que je rêve,
Que je pleure tout bas.
En toi que mon sein se soulève,
En toi que mon coeur bat.

Ô toi, dont s'ensoleille
D'un tremblement d'ailes d'or
Mon souffle animé,
C'est en toi que je m'éveille,
Et c'est en toi que je m'endors,
Ô bien-aimé !

Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes) - Communauté : Poètes de Belgique
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Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /Mai /2007 10:21
Je suivais dans les bois la fille aux cils soyeux.
Non loin d' un petit lac dormant nous nous assîmes;
Tout se taisait dans l' herbe et sous les hautes cimes.
Nyssia regardait le lac silencieux;
Moi, le fond de ses yeux.

-" sources claires des bois! Dit Nyssia; fontaines
Où le regard profond sous l' onde va plongeant!
Tranquillité du ciel sous la moire d' argent,
Où tremblent d' autres joncs aux luisantes antennes,
Et des branches lointaines! "

-je disais: " larges yeux de la femme! ô clartés
Où l' amour entrevoit un ciel insaisissable!
Ô regards qui roulez aux bords des cils un sable
Fait de nacre, d' azur et d' or! Sérénités
Des yeux diamantés! "

-Nyssia dit: " là-bas, ce bassin solitaire
Qui dort ainsi sans ride au fond du bois, vraiment,
Semble avoir la puissance étrange de l' aimant.
Autour de lui, regarde, un brouillard délétère
Plane comme un mystère. "

-je répondis: " tes yeux, Nyssia, tes yeux clairs,
Ces yeux que mon soupir sans les troubler traverse,
Fascinent par l' attrait de leur langueur perverse.
Un magique pouvoir aiguise leurs éclairs
Qui filtrent dans mes chairs. "

-" vois, disait Nyssia, l' étonnante apparence
Qu' ont les plantes sous l' eau, les plantes et les fleurs.
Comme tout se revêt de féeriques couleurs!
Sous ce lac enchanté je sens qu' une attirance
Vit dans sa transparence. "

-" dans tes yeux, lui disais-je, ô Nyssia! Je vois
Tous mes rêves, tous mes pensers, toutes mes peines.
Rien qu' à les voir, mon sang se tarit dans mes veines.
Souriants sous la nacre, au fond de tes yeux froids
Ils vivent, je le crois. "

-" suis sur tous ces reflets, suis la molle paresse
D' une flamme émoussée au fond d' un ciel plus doux.
Ces images de paix qui s' allongent vers nous,
Les sens-tu nous verser l' ineffable tendresse
De l' eau qui les caresse? "

-" Nyssia, dans tes yeux je contemple, charmé,
Tous mes désirs nageant vers un azur plus tendre.
Tu regardes là-bas, Nyssia, sans m' entendre;
Mais mon âme revoit son fantôme pâmé
Dans tes yeux enfermé. "

-" et pourtant, comme autour du bassin, me dit-elle,
Tout est morne! Partout, vois, sur cette eau qui dort
Les arbres amaigris se penchent; tout est mort.
On dirait sur la rive une sombre dentelle;
Cette source est mortelle. "

-" prunelles! Chers écrins aux limpides cristaux!
Quand la frange de jais de vos grands cils s' abaisse
Et sur la joue au loin projette une ombre épaisse,
Je crois voir se fermer sur mille Eldorados
De funèbres rideaux. "

-" dans ces pâles gazons où périt toute chose,
Tandis que leurs reflets restent verts sous les eaux,
Vois ces tertres cachant le long des noirs roseaux
Comme l' ancien secret d' une métempsycose.
Là, sais-tu qui repose? "

-" autour de ta paupière, à l' ombre de tes cils
Dont les reflets charmants, derrière tes yeux calmes,
Caressent mes désirs comme de douces palmes,
Ah! Pour s' être enivrés de philtres trop subtils,
Des rêves dorment-ils? "

-" les nymphes de ce bois sont dans l' herbe enterrées,
Les nymphes dont toujours palpite le reflet
S' éternisant sous l' eau dans sa blancheur de lait,
Comme celui des fleurs qu' elles ont admirées,
Par un charme attirées. "

-" sous l' éternel éclat de tes grands yeux polis,
Mille rêves pareils au mien, mille pensées
Reluisent. Je crois voir les flammes renversées
Des amours que les bords de ces yeux sous leurs plis
Roulent ensevelis. "

-" lentement ces reflets ont tari toute sève,
Et tout revit sous l' eau si tout meurt sur les bords.
Ces images ont pris la vie à tous les corps,
Arbres, nymphes et fleurs, qui penchés sur la grève
Ont contemplé leur rêve. "

-" Nyssia, que me fait ce lac mystérieux
Dont tu parles? Vers moi tourne enfin tes prunelles!
Je sens que tout mon être absorbé passe en elles,
Et que mon âme entière a plongé sous les cieux,
Nyssia, de tes yeux. "

Et Nyssia sourit: " vis ou meurs, que m' importe!
Dit-elle, maintenant que tressaille à son tour
Dans mes yeux l' immortel reflet de ton amour.
Oui, c' est vraiment ton âme, au fond de cette eau morte,
Ton âme, que j' emporte! "

Et l' eau se referma sur elle; un souffle erra
Longtemps au bord du lac, le souffle de son rire.
Et moi, je vois au fond mon reflet qui m' attire,
Et qui, lorsque ma vie à la fin s' éteindra,
Sous l' eau me survivra.
Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes) - Communauté : Poésie française
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Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /Mai /2007 19:42

Puisque vous ne sauriez vous lasser, ô mes yeux,
D'admirer la splendeur de sa beauté charnelle,
Subissez à jamais son charme impérieux
Et soyez obsédés des feux de sa prunelle.

Puisqu'il m'est douloureux d'oser, en mon amour,
Vous sevrer du nectar de sa bouche incarnate,
Mes lèvres, brûlez donc de boire chaque jour
Son baiser qui parfume ainsi qu'un aromate.

Puisque en moi s'est accru le désir obsesseur
D'étreindre follement ses mains d'impératrice,
O mes mains, recherchez leur contact enchanteur
Jusqu'à ce que le temps pour toujours les flétrisse.

(Un merveilleux poète canadien qui chante les femmes avec ardeur et passion)

Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes) - Communauté : Poésie française
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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /Mai /2007 00:18
Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets

A celles qu'on connaît à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais

 

A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulut rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

A ces timides amoureuses
Qui restèrent silencieuses
Et portent encor votre deuil
A celles qui s'en sont allées
Loin de vous, tristes esseulées
Victimes d'un stupide orgueil.

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux coeurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir

Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes) - Communauté : Poésie française
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Dimanche 6 mai 2007 7 06 /05 /Mai /2007 21:07

Ses yeux où se blottit comme un rêve frileux,
Ses grands yeux ont séduit mon âme émerveillée,
D'un bleu d'ancien pastel, d'un bleu de fleur mouillée,
Ils semblent regarder de loin, ses grands yeux bleus.

Ils sont grands comme un ciel tourmenté que parsème
- Par les couchants d'automne et les tragiques soirs -
Tout un vol douloureux de longs nuages noirs ;
Grands comme un ciel, toujours mouvant, toujours le même !

Et cependant des yeux, j'en connais de plus beaux
Qui voudraient sur mes pas promener leurs flambeaux,
Mais leur éclat répugne à ma mélancolie.

Les uns ont la chaleur d'un ciel oriental
D'autres le mol azur des lointains d'Italie
Mais les siens me sont chers ainsi qu'un ciel natal.

Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes) - Communauté : Poètes de Belgique
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