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La nuit je rêve que je dors, je rêve que je rêve et je rêve que tu m'aimes comme je t'aime. Mais tous ces rêves ne sont que chimères et quand point le jour, quand vient le douloureux instant de l'éveil, mon coeur se tait et mon esprit se ment à nouveau.



Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /Jan /2007 03:36

Si tu veux nous nous aimerons

Avec tes lèvres sans le dire

Cette rose ne l'interromps

Qu'à verser un silence pire

Jamais de chants ne lancent prompts

Le scintillement d'un sourire

Si tu veux nous nous aimerons

Avec tes lèvres sans le dire.

Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes)
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Jeudi 18 janvier 2007 4 18 /01 /Jan /2007 20:24

Elle est debout sur mes paupières

Et ses cheveux sont dans les miens,

Elle a la forme de mes mains,

Elle a la couleur de mes yeux,

Elle s'engloutit dans mon ombre,

Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts

Et ne me laisse pas dormir.

Ses rêves en pleine lumière

Font s'évaporer les soleils,

Me font rire, pleurer et rire,

Parler sans avoir rien à dire.

Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes)
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Lundi 15 janvier 2007 1 15 /01 /Jan /2007 21:53

Pour moi, le meilleur de tous les poètes avec Baudelaire et Eluard.

L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles,

L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins

La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles

Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain.

Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes)
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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /Jan /2007 23:30

Acte III : Scène I

 

(...)

VALENTIN.--Une femme affecte souvent de dédaigner ce qui lui ferait le plus plaisir; envoyez-lui-en un autre et ne perdez jamais l'espérance, car le dédain au commencement rend toujours plus fort l'amour qui le suit : si elle se montre courroucée, ce n'est pas qu'elle vous haïsse, c'est pour augmenter votre amour ; si elle vous gronde, ne croyez pas qu'elle veuille vous congédier, car soyez sûr que les folles perdent tout à fait la raison quand elles se voient seules. N'acceptez pas votre congé, quoi qu'elle puisse vous dire. En vous disant "Retirez-vous", elle ne veut pas dire "Allez-vous-en". Flattez, vantez, louez, exaltez leurs grâces; quelque noires qu'elles soient, dites-leur qu'elles ont le visage des anges. Oui, je dis que tout homme qui a une langue n'est pas homme, si avec sa langue il ne sait pas gagner une femme.

(...)

VALENTIN.--Et pourquoi ne pas mourir que de vivre dans les tourments? Mourir, c'est être banni de moi-même ; et Sylvia est moi-même ; m'exiler d'elle, c'est m'exiler de moi ; exil qui vaut la mort ! La lumière est-elle la lumière, si je ne vois pas Sylvia? Qu'elle est la joie si Sylvia n'est pas auprès de moi, à moins que je ne puisse penser qu'elle est auprès de moi, et jouir de l'ombre de ses perfections? Oh ! Si je ne suis pas pendant la nuit auprès de ma Sylvia, il n'y a point de mélodie dans les chants du rossignol ; et si le jour je ne vois pas Sylvia, le jour ne luit pas pour moi ; elle est mon essence, et je cesse d'être si son influence ne me ranime, ne m'échauffe, ne m'éclaire et ne me conserve à la vie. Je ne fuirai pas la mort en fuyant l'arrêt de son père. En restant ici, je ne fais qu'attendre la mort ; en fuyant de ces lieux je cours moi-même à la mort.

Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (théâtre)
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Samedi 30 décembre 2006 6 30 /12 /Déc /2006 00:27

Le dernier souvenir

J’ai vécu, je suis mort. – Les yeux ouverts, je coule

Dans l’incommensurable abîme, sans rien voir,

Lent comme une agonie et lourd comme une foule.

 

Inerte, blême, au fond d’un lugubre entonnoir

Je descends d’heure en heure et d’année en année,

A travers le Muet, l’Immobile, le Noir.

 

Je songe et ne sens plus. L’épreuve est terminée.

Qu’est-ce donc que la vie ? Etais-je jeune ou vieux ?

Soleil ! Amour ! – Rien, rien. Va, chair abandonnée !

 

Tournoie, enfonce, va ! Le vide est dans tes yeux,

Et l’oubli s’épaissit et t’absorbe à mesure.

Si je rêvais ! Non, non, je suis bien mort. Tant mieux.

 

Mais ce spectre, ce cri, cette horrible blessure ?

Cela dut m’arriver en des temps très anciens.

Ô nuit ! Nuit du néant, prends-moi ! – La chose est sûre :

 

Quelqu’un m’a dévoré le cœur. Je me souviens.

 

 

 

 

Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes)
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Jeudi 28 décembre 2006 4 28 /12 /Déc /2006 01:13

Le lever du soleil sur tes yeux d’azur et l’empreinte d’un baiser sur tes lèvres humides…

 

Tu t’éveilles et, lentement, la douceur du matin t’envahit. Elle parcourt ton corps nu sous le drap de satin blanc, tout froissé encore de ta nuit agitée. Tu as rêvé, tu as cherché, tu t’es lovée car tu n’as pas trouvé, et tu as même crié dans ce sommeil profond où, seule, tu te débattais.

 

Les rayons du soleil font scintiller tes iris ; ils éclatent sur ta peau dans des milliers d’étincelles et font luire ta chevelure de portor. Une larme a séché au coin de ton œil. Elle a tracé un sillon en forme de L. Elle est l’unique réminiscence d’un mal que ce matin tu t’empresses d’oublier.

 

Et l’astre de l’aube darde, avec de plus en plus d’insistance, ses épines diurnes à la surface de tes paupières entrouvertes. Il est pénible le jour, pénible de lucidité et de clarté. Il subtilise à la nuit sa place réconfortante, il évince les doutes et les surprises de l’obscurité. Il fait peur. Il ne peut pas être vrai ; il ment.

 

Tu ne l’accepteras pas, il l’a compris. Et pourtant, il s’obstine à demeurer là, maintenant debout sur tes paupières meurtries. Il ne s’en ira pas car il est persuadé de pouvoir te faire changer. Il veut éradiquer la nuit de ta vie, éclairer ton sourire et le rendre radieux. Tu te lèves, tu fermes le rideau. Revoici l’ombre.

 

 

 

 

 

 

Par Jonathan - Publié dans : Quelques bouteilles (mes écrits) - Communauté : Amoureux, à vos plumes!
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Samedi 23 décembre 2006 6 23 /12 /Déc /2006 16:20

Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encore pleine;

Puisque j'ai dans tes mains posé mon front pâli;

Puisque j'ai respiré parfois la douce haleine

De ton âme, parfum dans l'ombre enseveli;

Puisqu'il me fut donné de t'entendre me dire

Les mots où se répand le coeur mystérieux;

Puisque j'ai vu pleurer, puisque j'ai vu sourire

Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux;

Puisque j'ai vu briller sur ma tête ravie

Un rayon de ton astre, hélas! voilé toujours;

Puisque j'ai vu tomber dans l'onde de ma vie

Une feuille de rose arrachée à tes jours;

Je puis maintenant dire aux rapides années:

--Passez! passez toujours! je n'ai plus à vieillir!

Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fânées;

J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir!

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre

Du vase où je m'abreuve et que j'ai bien rempli.

Mon âme a plus de feu que vous n'avez de cendre!

Mon coeur a plus d'amour que vous n'avez d'oubli!

Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes)
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Lundi 18 décembre 2006 1 18 /12 /Déc /2006 23:33
Autrefois, quand l'essaim fougueux des premiers rêves
Sortait en tourbillons de mon coeur transporté ;
Quand je restais couché sur le sable des grèves,
La face vers le ciel et vers la liberté ;

Quand, chargé du parfum des hautes solitudes,
Le vent frais de la nuit passait dans l'air dormant,
Tandis qu'avec lenteur, versant ses flots moins rudes,
La mer calme grondait mélancoliquement ;

Quand les astres muets, entrelaçant leurs flammes,
Et toujours jaillissant de l'espace sans fin,
Comme une grêle d'or pétillaient sur les lames
Ou remontaient nager dans l'océan divin ;

Incliné sur le gouffre inconnu de la vie,
Palpitant de terreur joyeuse et de désir,
Quand j'embrassais dans une irrésistible envie
L'ombre de tous les biens que je n'ai pu saisir ;

Ô nuits du ciel natal, parfums des vertes cimes,
Noirs feuillages emplis d'un vague et long soupir,
Et vous, mondes, brûlant dans vos steppes sublimes,
Et vous, flots qui chantiez, près de vous assoupir !

Ravissements des sens, vertiges magnétiques
Où l'on roule sans peur, sans pensée et sans voix !
Inertes voluptés des ascètes antiques
Assis, les yeux ouverts, cent ans, au fond des bois !

Nature ! Immensité si tranquille et si belle,
Majestueux abîme où dort l'oubli sacré,
Que ne me plongeais-tu dans ta paix immortelle,
Quand je n'avais encor ni souffert ni pleuré ?

Laissant ce corps d'une heure errer à l'aventure,
Par le torrent banal de la foule emporté,
Que n'en détachais-tu l'âme en fleur, ô Nature,
Pour l'absorber dans ton impassible beauté ?

Je n'aurais pas senti le poids des ans funèbres ;
Ni sombre, ni joyeux, ni vainqueur, ni vaincu,
J'aurais passé par la lumière et les ténèbres,
Aveugle comme un Dieu : je n'aurais pas vécu !

Mais, ô Nature, hélas ! ce n'est point toi qu'on aime ;
Tu ne fais point couler nos pleurs et notre sang,
Tu n'entends point nos cris d'amour ou d'anathème,
Tu ne recules point en nous éblouissant !

Ta coupe toujours pleine est trop près de nos lèvres ;
C'est le calice amer du désir qu'il nous faut !
C'est le clairon fatal qui sonne dans nos fièvres :
Debout ! Marchez, courez, volez, plus loin, plus haut !

Ne vous arrêtez pas, ô larves vagabondes !
Tourbillonnez sans cesse, innombrables essaims !
Pieds sanglants ! gravissez les degrés d'or des mondes !
Ô coeurs pleins de sanglots, battez en d'autres seins !

Non ! Ce n'était point toi, solitude infinie,
Dont j'écoutais jadis l'ineffable concert ;
C'était lui qui fouettait de son âpre harmonie
L'enfant songeur couché sur le sable désert.

C'est lui qui dans mon coeur éclate et vibre encore
Comme un appel guerrier pour un combat nouveau.
Va ! nous t'obéirons, voix profonde et sonore,
Par qui l'âme, d'un bond, brise le noir tombeau !

À de lointains soleils allons montrer nos chaînes,
Allons combattre encor, penser, aimer, souffrir ;
Et, savourant l'horreur des tortures humaines,
Vivons, puisqu'on ne peut oublier ni mourir !
Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes)
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Lundi 20 novembre 2006 1 20 /11 /Nov /2006 00:54

Voici l'un des derniers et des plus beaux poèmes que j'aie eu l'occasion de lire.

Madrigal Triste

Que m'importe que tu sois sage?

Sois belle ! et sois triste ! Les pleurs

Ajoutent un charme au visage,

Comme le fleuve au paysage;

L'orage rajeunit les fleurs.

 

Je t'aime surtout quand la joie

S'enfuit de ton front terrassé;

Quand ton coeur dans l'horreur se noie,

Quand sur ton présent se déploie

Le nuage affreux du passé.

 

Je t'aime quand ton grand oeil verse

Une eau chaude comme le sang,

Quand, malgré ma main qui te berce,

Ton angoisse, trop lourde, perce

Comme un râle d'agonisant.

 

J'aspire, volupté divine !

Hymne profond, délicieux !

Tous les sanglots de ta poitrine,

Et crois que ton coeur s'illumine

Des perles que versent tes yeux !

 

Je sais que ton coeur qui regorge

De vieux amours déracinés,

Flamboie encore comme une forge,

Et que tu couves sous ta gorge

Un peu de l'orgueil des damnés;

 

Mais tant, ma chère, que tes rêves

N'auront pas reflété l'Enfer,

Et qu'en un cauchemar sans trêve,

Songeant de poisons et de glaives,

Eprise de poudre et de fer,

 

N'ouvrant à chacun qu'avec crainte,

Déchiffrant le malheur partout,

Te convulsant quand l'heure tinte,

Tu n'auras pas senti l'étreinte

De l'irrésistible Dégoût,

 

Tu ne pourras, esclave reine

Qui ne m'aimes qu'avec effroi,

Dans l'horreur de la nuit malsaine

Me dire, l'âme de cris pleine:

"Je suis ton égale, ô mon Roi ! "

Par Jonathan - Publié dans : La cour des grands (poèmes)
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Samedi 18 novembre 2006 6 18 /11 /Nov /2006 20:59

Les morceaux de textes ou citations sont extraits de quelques grands livres de la littérature classique et contemporaine que j'ai eu l'occasion de lire. Les reconnaissez-vous? Je vous invite à donner votre avis, à faire des propositions.

1) Un chemin est-il moins beau parce qu'il y a des épines dans les haies qui le bordent? Les voyageurs font route et laissent les épines se morfondre à leur place.

2) Des gens peuvent vivre parmi les cohobations de Faust, parmi la litharge et l'agathe et l'hyacinthe et les perles, une vie amorphe, plastique et cristalline.

3) Regarder c'est avoir un mouvement de curiosité vers, envers, c'est déchoir.

4) Leur humeur d'adolescents était vieillie par l'amour prématuré, le secret, le silence et l'amertume des séparations.(...) Elle se hâta vers l'étroit et obscure royaume où son orgueil pouvait croire que la plainte est l'aveu de la détresse, et où les quémandeuses de sa sorte boivent l'illusion de la libéralité.

5) Ce serait une grande injustice d'interdire aux gens de lettres un peu de badinage pour se délasser l'esprit. (...) Tous les autres animaux s'en tiennent à la nature, l'homme seul veut aller plus loin.

6) C'est une femme nonchalante et languide qu'on dirait faite de miel brun. Il suffit d'un geste indolent ou de faire claquer le fouet de son regard  pour se retrouver au centre d'un cyclone, inconsciente du champ de gravitation où elle attire les désirs.

7) "Pour qu'il croisse, il faut que je diminue". (difficile il est vrai)

8) Le silence est le plus éloquent héraut de la joie. (...) Le temps marche sur des béquilles jusqu'à ce que l'amour ait vu tous ses rites accomplis.

9) Je suis poète, et l'amour des lettres n'a jamais enrichi personne. (...) Il n'y a pas de femmes qu'une passion nouvelle ne puisse porter aux plus grands excès.

10) Il est rare que le Français soit aimable naturellement, il l'est comme sur commande, par calcul.

Par Jonathan - Publié dans : Quizz littéraire - Communauté : test
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